Ouest France - Lundi 21 novembre 2016

Les clochards inspirent Bernard Briantais

L’artiste expose dans la toute nouvelle galerie Perrine-Humeau, spécialisée dans l’art singulier, jusqu’à la fin de l’année.

« Quand je suis passé à Paris, j’ai vu tellement de clodos que ça m’a choqué », lâche Bernard Briantais, bien connu pour son coup de crayon, ainsi que pour toutes les histoires loufoques et délirantes qui s’y rattachent. Pourtant, il délaisse l’angle misérabiliste des SDF (Sans domicile fixe). Il préfère s’attacher à de truculents personnages, volontiers penchés sur la bouteille. Bernard Briantais a d’abord récupéré de vieux guides et plans Baedeker allemands, dont il a arraché les pages, pour les utiliser en guise de fond. « Ils transparaissent derrière les sujets, manière de décrire les déambulations dans une ville. »

Sur des ardoises d’écolier

S’en suivent des scènes de rue qui fourmillent de détails, où les clodos aux allures gargantuesques, s’adonnent à leur vice. Le crayon de l’artiste circule, comme en écriture automatique, enroule un bras, forme un torse, campe une posture. «Puis les histoires se sont nourries, amplifiées. , Jusqu’aux delirium tremens subis par les sujets enivrés et narrés sous forme de petits tableaux burlesques, à l’atmosphère onirique. Le pathétique est savamment noyé dans le croquignolesque.

L’artiste poursuit son immersion en usant d’un autre support. Il a récupéré des ardoises d’écolier utilisées autrefois, pour sévir à nouveau, mais à la sanguine cette fois. Il exploite à merveille les encadrements de bois des ardoises, qu’il égaye telles des enluminures. Bernard Briantais réveille alors le regard, en le titillant avec la couleur. Pour ses histoires aux allures de BD un peu freaks, il en fait généralement un usage, à la fois discret et harmonieux. Certaines œuvres se présentent avec des éléments en relief, comme de mini-castelets.

Enfin, dans un élan de compassion et pour mieux épouser son sujet, le dessinateur prolifique utilise du bois de cagette. Ces énièmes compositions résonnent comme une pensée aux glaneurs. « J’utilise du matériau pauvre, comme ceux des abris des SDF »,justifie l’artiste.

Jusqu'au 31 décembre,

à la galerie Perrine Humeau, 28, rue Jean-Jaurès, à Nantes.

Tél. 09 86 48 10 17.

www.perrinehumeau.fr

 


 

Ouest France - Lundi 11 mars 2013

Les visages singuliers de Bernard Briantais

Bon, autant dire tout de suite qu'avec Bernard Briantais, la déjante est au rendez-vous. Et principalement à travers le grand ballet aux mille visages, dont il nous invite à parcourir les bien étranges physionomies. Car c'est au pluriel que l'artiste décline ici son art singulier.

Pour nombre de ses oeuvres, Bernard Briantais commencé par récupérer de vieilles cartes IGN du siècle précédent, dont il se sert de trame. En suivant alors des routes imaginaires, son crayon trace des itinéraires improbables. Mais qui, dans leurs incessants allers et retours, et sous une forme d'écriture automatique, finissent par former nez, bouches et autres paires d'oreilles. Et c'est en plein dans le buffet, qu'on prend alors son art brut. Dans certaines de ses œuvres, la multitude de têtes rassemblées fait songer aux truculences des foules d'humains de James Ensor. Intentionnellement ou non, les compostions prennent alors la forme d'une certaine satire sociale. Ou tout au moins, Bernard Briantais dote-t-il ses congénères d'un bon grain de folie. Mais une folie plutôt douce au demeurant, car le peintre semble finalement porter un regard débonnaire sur ses créatures.

Jusqu'au 30 mars,

galerie Antireflets 2, place Aristide-Briand.

 


 

Ouest France - Mardi 20 novembre 2012

On en parle…

Ouest-France« Créateur insatiable en perpétuelle recherche, Bernard Biantais nous révèle à travers son oeuvre toute la fragilité de l'humain », résumait Olivier Deschanel, adjoint à la vie culturelle, à l'heure d'ouvrir l'exposition du peintre. « Ses visages protéiformes, riches de souvenirs, de parentés, sont autant de témoins de la frénésie créative d'un artiste, pour qui rechercher l'esthétisme des choses est un non-sens ». Voilà un hommage appuyé à Bernard Briantais qui expose au manoir des Renaudières.

Aux murs, telles des cartes d'identité, une multitude de visages sont à voir. « Ce ne sont pas des portraits, précise le peintre. Certains s'inscrivent dans l'univers des préoccupations très matérielles, d'autres traduisent la maladie, la mort ou la souffrance, des blessures qu'on supporte très mal ». Des sourires pourtant illuminent de-ci de-là ses séries « Les visages sont pour moi l'expression de l'humain, sensible et délicat », confie l'artiste. Usant des techniques mixtes et privilégiant la mine de plomb, il croise à l'envi les genres tout en restant bien à l'écart. Comble de l'ironie, l'artiste qui présente également quelques-uns de ses catalogues, est par ailleurs peintre en bâtiment. « On peut donc considérer que j'ai également à mon actif des milliers de monochromes ! »

 

Revue de presse


 

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